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# CARTE POSTALE

24 Août 2012 , Rédigé par Yay' Publié dans #ma vie mon oeuvre, #enfance

# CARTE POSTALE

Hier nous avons reçu une carte postale : un couple d'amis était dans les Alpes et s'est offert les services d'un guide de haute montagne pour grimper sur le Dôme des Ecrins.

A leurs quelques mots sur cette carte, on sent leur fierté d'être arrivé à bout d'un tel sommet que normalement, on connaît parce qu'on a suivi du doigt les crêtes alpines sur une carte en relief, parce qu'on a lu des récits d'alpinistes dans cette région ou parce qu'on était en vacances, plus jeunes, au pied de ces sommets.

A la lecture de cette carte postale, ce sont deux souvenirs qui me sont venus en tête : ma propre ascension, avec l'Homme, sur les Dômes de Miage et mes vacances familiales au pied de ces mêmes Dômes.

En effet, petits, nous avons passé toutes nos vacances dans les Alpes. Dès que mon frère et ma soeur ont été en âge de supporter un peu plus d'une demie-heure de rando (c'est-à-dire pour leurs 3 ou 4 ans), nos parents filaient là-bas, d'abord pour un mois comme c'était l'habitude alors (c'était l'bon temps ma pôv' dame ) puis, petit à petit, 3 semaines ou 15 jours.

L'activité principale était la rando donc la première mission à notre arrivée consistait à trouver la carte IGN du secteur (ils sont forts chez IGN, selon le découpage, 9 chances sur 10 de se trouver à la coupure de la carte, donc il en faut 2 !)

Une fois équipés de ce minimum vital, nous enfilions les chaussures de rando, remplissions les sacs à dos des pique-nique et affaires indispensables (au cas où il fasse très soleil, au cas où il pleuve, au cas où il y ait du vent, au cas où il fasse très froid) et nous partions pour la journée.

Je mentirais si je disais que nous étions ravis de partir marcher tous les jours. Je me souviens de certains matins à mon réveil où, les yeux encore fermés, je confondais le bruit du vent dans un arbre avec des gouttes de pluie. Je soupirais d'aise en me disant que nous allions ENFIN avoir un répit et ne pas marcher ce jour-là. Cruelle désillusion en ouvrant les volets !

Certaines destinations avaient nos préférences. Ainsi, lorsque nous étions dans le secteur de Chamonix, nous adorions par-dessus tout aller sur la gare d'arrivée du train du Montenvers (du moins, je crois que c'était là-bas)

Une gare, en soi, rien de glamour. Le train, c'était fun mais on n'a jamais piétiné pour monter dedans chaque fois. Par contre, juste à côté, il y avait la baraque à frites et on avait parfois le droit d'avoir une ou deux barquettes alors que ce n'était ni l'heure du déjeuner, ni celle du dîner et pas vraiment celle du goûter. J'en ai encore l'odeur dans le nez et si on évoque nos vacances à Megève avec mon frère et ma soeur, les frites viennent vite sur le tapis tellement c'était une fête.

Ces vacances nous auront marqué à tel point que récemment, en grignotant un petit beurre que Pimprenelle ne voulait plus, j'ai retrouvé le goût des gâteaux que nous avions pour le goûter sur ces randos. Quel choc ! Je ne me doutais pas qu'un goût puisse rester ainsi en mémoire et être associé à tant d'images et de bonheur.

Car même si nous râlions parfois pour aller marcher, nous étions ravis de passer autant de temps en famille, en plein air et dans des paysages aussi sublimes.

Megève et ses "gling-gling"...

Les "gling-gling" ? Vous ne connaissez pas les "gling-gling" ? Mais si ! Les chevaux et leurs carrioles pour balader les touristes, avec la petite cloche pour prévenir de leur arrivée "Gling gling gling gling". Je ne pense pas que nous les ayons appelé autrement que "gling-gling"

"Attention, marche pas dans la crotte de gling-gling !" "La pharmacie, c'est celle qui est après le parking des gling-gling ?"

Megève, je l'associe aussi au restaurant La Demi-Lune où nous avions dîné pour se donner du baume au coeur avant de rentrer chez nous et de mettre fin à ces vacances. Des diots. Au vin blanc, les diots. A l'adolescence, c'était effet garanti le vin blanc.

La Grave

Aaaaah La Grave... Après chez moi, c'est l'endroit le plus beau que je connaisse...

Pour en revenir à la carte postale du début de cette histoire, un endroit où nous allions régulièrement car mes parents avaient eu un coup de coeur, c'était "Les chalets de Miage". Une vallée en altitude, des chalets d'alpage, un torrent et au bout, les sommets. Lorsque nous n'étions pas occupés à construire notre barrage dans le torrent, nous scrutions ces reliefs enneigés en attendant qu'une avalanche veuille bien se déclencher. Toutes les 10 minutes, nous étions à peu près sûrs de voir bouger un tas de neige mais finalement, il ne s'est jamais rien passé sur nos temps d'observation.

Par contre, avec les jumelles nous distinguions de petits personnages et suivions leur lente progression là-haut, tout là-haut. Nous les savions chaussés de crampons et armés de piolets puisque nous les avions croisés, ces alpinistes vrais de vrais, vers la gare du Montenvers (celle des frites !)

Et un jour, avec l'Homme, j'ai été l'un de ces petits personnages tout là-haut.

Notre club d'escalade avait organisé une sortie crampons sur les Dômes de Miage. Une nuit en refuge, une montée pas évidente et enfin, les pieds se posent sur les crêtes sommitales.

J'étais fière d'être là-haut, c'est certain. Mais ma plus grande émotion, c'était de regarder de là-haut les chalets de Miage et ce torrent, d'imaginer des enfants en train de faire un barrage ou de me chercher à travers leurs jumelles. C'était moi l'alpiniste arnachée comme ceux que j'avais vu étant enfant. J'avais versé des larmes sur cette enfance heureuse, sur ces vacances extras, sur ce passé révolu, sur ces souvenirs que j'espère pouvoir offrir à mes enfants.

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