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# LES CHANSONS SOUVENIRS

20 Août 2012 , Rédigé par Yay' Publié dans #lhasa, #jean-louis murat, #en musique

J'ai déjà évoqué et les artistes qui me plaisent, que j'aimerais voir ou que j'ai vu en concert ; c'est difficile d'expliquer pourquoi untel ou unetelle nous plaît à ce point. En ce qui me concerne, les quelques artistes que j'écoute me font souvent vibrer et il s'agit le plus souvent de chanteurs français car je comprends les paroles. A défaut, ils sont espagnols et je pige. Au mieux, ils sont des exceptions qui confirment la règle et ils pourraient chanter le papa Noël a capella en croate que je pleurerais. Léonard Cohen ou Adeb Azrié sont de ceux-là. Quand leur voix tombe dans les graves, j'ai la chair de poule. C'est comme ça (Il faudra que je vous parle de Titi Robin l'ensorceleur un jour)

Je parle de ça parce que récemment, j'ai vibré au son d'une chanson.

L'autre soir, nous sommes allés encourager l'une de nos collègues retenue pour la finale d'un concours de chanson. Elle était nettement au-dessus des autres, objectivement. A l'applaudimètre, elle n'a pourtant pas remporté les suffrages (même si mes collègues et moi y avons laissé TOUTES nos cordes vocales et avions les fourmis aux mains à force d'applaudir) Si elle n'était pas première dans le coeur des autres, c'était parce que deux garçons avait fait la démonstration de technique (un ténor) ou de puissance (un Musclor à chanson d'amour) qui à moi ne m'ont fait ni chaud ni froid. Le p'tit jeune avec sa guitare, celui qui n'en faisait pas des caisses était bien plus émouvant, à mon sens.

Elle, elle a choisi un titre tout en douceur qui se mariait impeccablement avec le cadre : un kiosque, en plein air, par une belle nuit étoilée, lumières tamisées, son amoureux au clavier pour l'accompagner. Elle est jolie en plus : de très longs et épais cheveux blonds qui prenaient la lumière, une fleur blanche sur le côté pour les tenir vaguement attachés.

Après une courte poésie qui rendait hommage à une chanteuse partie trop tôt rejoindre les étoiles (elle avait réservé la surprise de son titre), elle a fait vibrer sa voix de velours pour interpréter à sa façon un titre de Lhasa.

Et tout à coup, j'ai eu 14 ans de moins. Parce que Lhasa, cet album en particulier, je l'écoutais l'année où j'ai rencontré l'Homme. Et je l'écoutais en particulier le jour où il a frappé à ma porte pour prendre notre premier petit-déjeuner sous le même toit, un petit matin de l'été 98.

Alors Lhasa, c'est nous.

Et l'entendre là, ça m'a serré le coeur, j'aurais tellement aimé que l'Homme soit là, je lui aurais pris le bras très fort, on aurait juste eu besoin de se regarder, on aurait souri et on se serait souvenu ensemble, sans avoir besoin de se le dire, de ce premier jour de notre vie commune.

Un autre titre est capable de me faire monter les larmes aux yeux quasi instantanément. Je m'en suis rendue compte pendant un concert de Jean-Louis Murat il y a 3 ou 4 ans environ, j'ai eu la gorge nouée et les tripes prises lorsqu'il a entonné le "Parfum d'acacia au jardin" et je n'ai pas compris tout de suite pourquoi

Tout doucement toutefois, c'est revenu.

J'ai replongé au 8 mai 2006.

J'étais dans mon salon, l'Homme était au travail, ma soeur et mon beau-frère venaient de me rendre visite. J'étais dans mon canapé, pas envie de bouger alors j'ai mis ce DVD enregistré en live dans un studio. J'aime bien les DVD live, surtout quand je suis seule à la maison, ça me donne l'impression d'avoir de la compagnie.

Parce que dans les circonstances actuelles, la maison était sacrément calme, propre, bien rangée. Même le village était silencieux, je n'entendais guère que les oiseaux.

J'étais enceinte de 9 mois et soudain, j'ai réalisé que je vivais là mes tous derniers instants dans cet état, que plus jamais je n'aurais cette maison aussi calme, que plus jamais je n'aurais la liberté de m'asseoir dans ce canapé pour ne rien faire, que plus jamais je n'aurais à penser qu'à mon nombril, que plus jamais je ne serais insouciante à ce point, que ma vie allait basculer vers un bonheur encore inconnu.

Le parfum d'acacia embaumait mon salon et je ne le savais pas encore, mais je partirais à la clinique quelques heures plus tard pour donner la vie à Petit Homme. Et effectivement, ma vie serait définitivement bouleversée.

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