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# REGARD SUR CES GENS-LÀ

23 Juillet 2012 , Rédigé par Yay' Publié dans #ma vie mon oeuvre

Lorsque j'ai cherché l'hôtel pour notre escapade dédiée à El Puchero, j'avais quelques critères en tête mais en pleine période de festival dans la ville, il a bien fallu faire passer les disponibilités en premier lieu.

Sur les établissements restants, l'idée était d'être logé dans la périphérie proche du centre-ville, avec un parking privé. (Titine n'est pas habituée à co-stationner en place publique) (Titine c'est ma voiture)

Et puis une illumination : Mazette, mais j'ai des chèques-vacances !!! Ce nouvel avantage social accordé par le boulot, j'y suis tellement peu habituée que je n'y pense pas immédiatement. Pourtant, depuis deux ans, j'en ai une belle collection vu que je ne dépense mes chèques de 10 ou 20 qu'à la brasserie à côté du boulot. Et quand j'y pense. Et quand je vais à la cantine.

Donc tous ces critères mis bout à bout me donnaient au final 3 ou 4 établissements hôteliers dont le 3* où finalement nous nous retrouvâmes.

Plus jeunes, nous aurions fait cette escapade avec notre tente 2 places au milieu des mobil-homes et caravanes gigantesques loués par des hordes de hollandais sur un emplacement sans électricité... Alors forcément, la moquette épaisse dès les portes d'entrées de ce bel établissement, ça nous donnait un air !

Et sans les chèques-vacances, mon choix se serait porté ailleurs qu'ici car dépenser de telles sommes pour avoir le droit de dormir, ça a quand même un côté un peu indécent !

Mais là où c'est devenu drôle, c'est lorsque nous nous trouvâmes avec les autres clients de cet hôtel. Parce que les autres, ils n'étaient pas là pour cause de chèques-vacances à écouler. Ils étaient là parce qu'étant donné leur statut social, il n'était pas question qu'ils envisagent du service en deça du 3*.

Et ça, à leurs regards posés sur nous, on a bien senti que ça les titillait : que peuvent donc faire ces deux jeunes blanc-becs parmi nous ?!

Ah oui, parce qu'en plus, on avait facilement l'âge d'être leurs enfants.

C'est étrange comme le simple fait d'avoir de l'argent donne à "ces gens-là" une stature vaguement hautaine, à tout le moins complètement décalée par rapport à la nôtre. Je n'ai pas pu m'empêcher de tendre l'oreille à leurs discussions. Ca donnait :

Pour cette table de 2 couples, les uns étant les parents d'une mariée, les autres des amis chers pas vus depuis longtemps et invités au mariage :

- "Que devient Nicolas ?" (Nicolas, c'est le fils)

- "Il va bien, il a trouvé un travail qui l'épanouit, il est indépendant maintenant"

- "Il a eu 18 ans c'est ça ?"

- "Oui ! Nous lui avons offert la Coccinelle dont il rêvait depuis toujours, vous savez l'ancienne, comme dans le film. Nous avions même fait ajouter le numéro sur la carrosserie"

- "Ah formidable ça a dû lui faire plaisir ! Et il la conduit ?"

- "Non non, il n'a pas le permis et puis il ne pourra pas le passer avec son handicap..."

Ou encore :

- "Ah non, moi je ne pourrai plus dormir ailleurs que dans ce genre d'hôtel. Ces cages à lapins qu'ils construisent près des autoroutes, ce n'est absolument pas possible !"

- "Oh non oh non !"

- "Dernièrement, je suis partie 2 jours pour un tournoi de bridge avec une amie. Enfin, une "amie", plutôt une connaissance du club. Et c'est elle qui s'était chargée de l'hébergement. Ôooo la la... Ah mais c'est bien simple, je-n'ai-pas-fer-mé-l'oeil-de-la-nuit !!! L'homme de la chambre voisine ronflait, on aurait dit qu'il était à côté de moi !"

Et enfin un :

- "Capucine ? Elle n'aurait JAMAIS dû quitter son mari. Je lui avais dit pourtant qu'elle devait rester avec lui. Il avait une excellente situation, elle n'était pas obligée de garder son travail ! Je lui avais conseillé de le rejoindre et de faire les trajets : Bruxelles / Paris en TGV, ça se fait vite ! Si elle l'avait fait, elle aurait gardé son mari..."

Nous, avec l'Homme, on en était plutôt à manger le plus possible au petit-déjeuner, motivés par le fait qu'à 8,50€, on avait juste INTERET à justifier le prix et que plus on mangeait le matin, moins on aurait faim à midi donc moins on aurait à se payer de déjeuner. On a appris qu'on pouvait commander une "San Pé" (on aurait bêtement prononcé San Pellegrino nous... pfff c'te honte !)

Par contre, nous n'avons pas eu droit aux conseils personnalisés du sommelier au dîner. Trop ploucs sûrement...

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