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# PANNE SECHE

25 Janvier 2013 , Rédigé par Yay' Publié dans #ma vie mon oeuvre

9 ans de mariage, 14 ans de vie commune et il me fait le coup de la panne.

Alors attendez, parce qu'il y a panne et panne.

Là, c'était sur le bord d'une double voie rapide.

C'était par cette glaciale fraîche soirée d'hiver.

C'était au début de la nuit.

C'était avec les enfants sur les sièges à l'arrière.

Et c'était une panne sèche. Mais alors sèche sèche !

J'ai un principe dans la vie, c'est de voir la vie du bon côté.

Nous aurions pu nous retrouver en pleine pampa. Non. Nous étions presque en ville, et même presque à la périphérie de la ville. Donc pas très loin d'un supermarché avec pompes à essence. Et qui plus est, l'un des supermarchés les moins chers du département. On aurait pu trouver pire !

Evidemment nous n'avions pas de bidon vide dans le coffre, celui dans lequel on aurait pu stocker 3 ou 4 litres de pétrole. Non. Par contre, nous étions dans cette périphérie de ville, près d'un bâtiment public aux abords pas très propres et ô chance, entre autres détritus, il y avait cette bouteille d'eau en plastique. Vide.

Car depuis le temps qu'il faisait des températures négatives, s'il y avait eu quelque chose dans cette bouteille, c'eût été de la glace et non de l'eau. Or, comment faire sortir un glaçon de 6 cm de diamètre par un goulot de 1,5 cm de diamètre ?? Ha ha !!

Mais non, pas besoin de résoudre cette énigme.

Répartition des rôles : l'Homme et Petit Homme s'habillent chaud et partent vers les pompes à essence. Je reste dans la voiture avec Pimprenelle endormie en attendant leur retour.

1°C

Pas très chaud.

Brrrr, fait même froid.

Impossible de sortir se dégourdir les pattes. Il fait encore plus froid dehors à cause du vent et puis les voitures qui nous frôlent à 70km/h sur 2 voies finissent de décourager. Je garde un oeil sur le rétroviseur en espérant que personne n'ait l'idée de nous emboutir (je me trouve tout de même à la fin d'une voie d'insertion) Tout se passe au mieux. Doucement mais sûrement.

Les hommes sont enfin de retour. Le litre de pétrole passe de la bouteille au réservoir sans encombre mais la voiture est de la famille des diesel.

Et même moi je sais qu'un diesel ne redémarre pas comme ça. J'étais déjà tombée en panne d'essence il y a des lustres de ça et j'avais souvenir du fait qu'il fallait pomper.

- "Il faut pomper non, pour faire redémarrer un diesel ?" exprimé-je à voix haute.

- "Oui" répond l'Homme sans pomper.

Car la question subsidiaire est : mais que faut-il pomper ?! Il était bien évident que ce bruit de moteur noyé ne ressemblait pas à celui d'une voiture motivée pour repartir au quart de tour.

Je sors l'artillerie lourde : le bouquin en 450 pages fourni par le constructeur auto.

Je vais directement au sommaire et réfléchis au mot-clé qui va me faire arriver sur la bonne page :

"pomper" : rien

"essence" : rien de concluant.

"réservoir" : on m'explique que pour ouvrir mon réservoir, je dois dégoupiller la manette sous mes pieds. Ah tiens, heureusement, je le savais !

"re-démarrer" : rien.

Bon, je change mon fusil d'épaule et feuillette les pages rapidement pour trouver celle où il y aura le dessin du moteur avec une flèche rouge m'indiquant où il faut pomper.

Pas de dessin de moteur.

Ah si, enfin, les voilà. Pourquoi y a-t-il 3 croquis ? On cherchera la raison plus tard, je lis les 3 légendes. Le réservoir d'huile moteur, le réservoir de lave-glace, le réservoir de liquide de refroidissement, les trucs à ne pas toucher, les trucs à ne faire manipuler que par son garagiste voire le concessionnaire. A aucun moment on ne nous signale de système de pompe. C'est ballot.

Je recommence à feuilleter le bouquin mais plus doucement pour ne pas manquer LA page. Comment s'attacher ? Comment régler l'inclinaison de son dossier ? Comment régler l'inclinaison du dossier passager ? Comment régler les rétroviseurs extérieurs ? Où ranger ses clés ? Comment allumer ses phares ? Comment passer en pleins-phares ? Comment démarrer la voiture ? Comment ouvrir le capot ? Comment installer les sièges auto des bébés puis des enfants ? Comment régler le rétroviseur intérieur pour éviter l'éblouissement de nuit ? Comment savoir si j'ai 4, 5 ou 6 vitesses ? Comment passer la marche arrière ? Comment allumer la radio ? Comment passer de Radio Chrétienne de France à Fun Radio ? Comment insérer un CD ?

Après avoir parcouru 300 pages, je me trouve rudement intelligente d'avoir su démarrer et conduire cette voiture sans JAMAIS avoir ouvert ce bouquin précédemment.

Malheureusement, me trouver intelligente ne résout momentanément pas la question du moteur noyé.

L'Homme, vêtu du gilet fluo -dont c'était la première sortie- -du gilet fluo, pas de l'Homme-, il faut un début à tout, scrute le moteur en profitant des lampadaires alentours.

En vain lui aussi.

Et enfin, page 321, voici un petit croquis. Comment redémarrer votre voiture si le moteur est noyé ?

ENFIN ! Nous sommes sauvés ! L'air de rien, l'heure tourne.

Nous retournons au chevet du moteur et cherchons où se trouve ce petit bouton à pomper.

Là où le constructeur manque de finesse, c'est qu'il a oublié d'expliquer où se trouvait le petit croquis dans le dessin général du moteur. Pas de grosse flèche rouge, pas de croix verte. Rien. Juste ce croquis et le paragraphe dans lequel un petit rigolo explique qu'il faut monter-descendre cette pompe jusqu'à sentir une résistance.

Oui, ben il faut pomper quoi.

Nous jetons l'éponge et envisageons de faire démarrer la voiture en la poussant. L'Homme s'y colle (il y a des situations où il est quand même confortable de se trouver dans la famille des "sexes faibles" !!) mais pousser une voiture seul et dans un faux-plat s'avère sportif. Nous avons fait 10 mètres. Il quitte son bonnet, ses gants et reprend. Nous faisons 50 mètres de plus, surveillons de plus près les voitures arrivant à toute berzingue dans notre dos. Il quitte sa parka et reprend. A force de poussées, nous arrivons sur un axe plus calme et en très légère descente. Le re-démarrage forcé ne fonctionne toujours pas.

C'est là qu'un sauveur est arrivé : un conducteur a fait demi-tour pour nous proposer son aide. Un bricoleur autant que nous. Mais il a une lampe de poche. Et grâce à son spot, nous détectons la pompe, tout là-bas derrière, au fin fond de l'emplacement moteur, sous la carrosserie. Impossible à détecter de nuit et compliqué à atteindre pour pomper à bout de bras, à bout de doigts.

Mais nos esprits de vainqueurs ont quand même eu raison de ces légères difficultés. Nous sommes bien moins bêtes qu'en partant et pouvons enfin rentrer à la maison, 1h30 plus tard que prévu.

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